Il y a vingt ans, Catherine et Bertrand faisaient le tour de l’Atlantique avec leurs trois enfants et regardaient passer les Outremer sans pouvoir s’en offrir un. Aujourd’hui, leur Outremer 52 s’appelle WANG’AP, il a près de 3 000 milles dans son sillage, et le couple prépare un tour du monde en catamaran de trois à quatre ans.

Un projet né d’une année sabbatique

Le projet de Catherine et Bertrand commence bien avant leur bateau. Il y a plus de vingt ans, ils prennent une année sabbatique avec leurs trois enfants, pour prendre le temps en famille et sortir de la routine. Ils partent faire le tour de l’Atlantique.

L’année marque toute la famille. « Nos enfants nous en parlent vraiment toujours, vingt ans après », raconte Catherine. Depuis, les enfants ont grandi, se sont mariés, les petits-enfants sont arrivés. Et à la fin de leur vie professionnelle, l’envie revient intacte : retrouver ces sensations et relancer un projet de grande croisière.

Un Outremer, vingt ans plus tard

Pendant leur tour de l’Atlantique, ils croisent déjà des Outremer. « On rêvait d’avoir un Outremer. On n’avait pas les moyens de l’avoir », se souvient Catherine. Le couple visait alors un Outremer 45.

De retour à terre, ils louent chaque année un bateau pour naviguer avec leurs enfants, dont un Outremer 55 de l’ancienne génération. Pour Bertrand, le choix de la marque devient une évidence.

En mai 2023, juste après le mariage de leur fille, ils viennent à La Grande-Motte pour essayer le nouvel Outremer 45. Sur place, Matthieu, de l’équipe commerciale, leur propose d’essayer l’Outremer 52, qui vient d’être lancé. Ils embarquent avec leur fils. L’Outremer 45 ne sera jamais essayé. « Non, c’est celui-là qu’il nous faut », résume Bertrand.

WANG’AP, le nom d’un nouveau cycle

Catherine et Bertrand ont vécu trois ans en Corée. Là-bas, le hwangap désigne la grande fête des 60 ans, celle qui ouvre un nouveau cycle de vie. Le couple vient de passer ce cap, et change de vie au même moment.

« C’est nouveau, nouvelle vie, nouveau cycle, et beaucoup de joie », explique Catherine. Pour le nom du bateau, ils ont simplement adapté l’orthographe coréenne pour qu’elle soit lisible par tous : WANG’AP.

Se préparer avant même la mise à l’eau

Entre la signature en 2023 et la mise à l’eau à l’été 2026, le couple fait de la préparation un projet à part entière. Avec leur technico-commercial au chantier, ils définissent la configuration du bateau : type de pilote, jeu de voiles, équipements techniques…

Pour faire ces choix en connaissance de cause, ils naviguent et se forment autant que possible. Ils participent à plusieurs O’Week, les semaines de formation des propriétaires Outremer, et reviennent même de l’étranger pour les Extra Sailing Days. Technique, médical, navigation : le couple apprend beaucoup. « J’ai adoré cette période parce que c’est très rassurant », raconte Catherine. « J’étais beaucoup moins aguerrie que Bertrand en termes de navigation, donc j’ai beaucoup appris. »

Elle suit aussi les trois jours de formation Ladies Only, entre femmes et avec des skippers femmes. « Ça m’a vraiment rassurée dès le départ. C’est rassurant, c’est sympa, et ça donne vraiment envie d’y aller. »

Pour Bertrand, ces journées en mer ont surtout servi la configuration. « Ça nous permet de voir les différentes configurations, de les tester en naviguant, de rencontrer des spécialistes qui nous aident et qui nous guident. » Une semaine de navigation à bord d’un autre Outremer 52, avec un autre équipage, les aide à se projeter encore plus et à finaliser leur configuration.

Au passage, ils se constituent un réseau d’ami-bateaux, certains déjà partis, d’autres sur le départ. « On est toujours en contact, on profite de l’expérience des uns et des autres », explique Bertrand. Ces formations, navigations et rencontres sont aujourd’hui réunies dans le programme Outremer Ready.

Propriétaires avant même la construction

À quel moment se sent-on propriétaire de son bateau ? Pour Bertrand, bien avant la mise à l’eau. « On s’imagine, on se dit : est-ce qu’on va prendre ci, est-ce qu’on va prendre ça, combien de frigos on va prendre… Avant même la construction, on se l’approprie. »

Pendant la construction, le couple vit à l’étranger et reçoit régulièrement des photos du chantier. « On était impatients, le vendredi, de recevoir ces photos. Il n’était pas encore complètement né qu’on se l’était déjà bien approprié. »

2 900 milles pour apprendre à se connaître

WANG’AP a été mis à l’eau à La Grande-Motte cet été. En deux à trois mois, Catherine et Bertrand ont parcouru 2 900 milles en Méditerranée : jusqu’en Grèce et retour, puis un aller-retour aux Baléares. « On n’a pas chômé ! On a vraiment beaucoup navigué, mais c’était le but », sourit Catherine.

Pour les quinze premiers jours, ils embarquent une skipper. Manœuvres, fonctionnement des voiles, gréement, réglages : elle les aide à trouver leurs marques à deux. « On s’est fait apprivoiser par notre bateau », dit Bertrand. « Tu gagnes vraiment du temps », ajoute Catherine. « C’était même très fatigant, parce qu’on n’a pas arrêté, mais c’était exactement ce qu’il fallait faire. Après, tu connais bien ton bateau, tu te sens prêt à accueillir d’autres équipages. »

Le rythme a pourtant eu un coût. Entre la fin d’une activité professionnelle intense et l’installation à bord, il n’y a pas eu de pause. « Je pense qu’on s’est peut-être surestimés », reconnaît Bertrand. Après trois mois de navigation, la fatigue s’installe. Le couple s’arrête un mois, puis repart.

De retour à La Grande-Motte, le bateau est pris en main par les équipes du neuvage avant le départ. « C’est très confortable de se dire que le bateau est éprouvé. On a fait le rodage », résume Catherine.

La confiance, dès les premiers milles

Ce qui les a marqués en premier ? « Le confort, il est indéniable, mais le côté marin est vraiment exceptionnel. On a eu tout de suite confiance dans le bateau », répond Bertrand.

Catherine se souvient de ses premières impressions dans sa cabine. « Quand tu es dans ta cabine, tu dis : « On fonce, on fonce ! » Et en fait tu montes, et tu dis : « Bah non, tout va bien. » On n’est qu’à 12 ou 15 nœuds. On prend l’habitude au bout d’un moment. »

Pour Bertrand, c’est en quart de nuit que la différence se sent. « Tu sens que ça accélère un peu, et le bateau, tu le sens, il est à sa place. Bien équilibré, il n’y a pas de force. Ça nous plaît énormément. »

Cap sur le tour du monde

Quand nous les avons rencontrés début octobre, Catherine et Bertrand préparaient leur descente vers les Canaries, puis le Cap-Vert et la Martinique. Ils navigueront avec un ou deux équipiers. « À quatre, c’est assez confortable sur le bateau : ni trop nombreux, ni trop peu », explique Catherine. Les équipiers partagent l’expérience et allègent les quarts de nuit.

La transatlantique n’est que la première étape. Le couple prévoit trois à quatre ans pour faire le tour du monde, en prenant son temps. Bertrand cite la Polynésie et la Nouvelle-Zélande, mais insiste sur le projet dans son ensemble. Catherine, elle, pense d’abord aux rencontres : « L’idée, c’est vraiment de prendre le temps, de visiter, de rencontrer des gens sur place. »

Le rythme laisse aussi la place aux allers-retours pour voir les parents, les enfants et les petits-enfants. « On va pouvoir le faire à chaque fois que c’est nécessaire », conclut Bertrand.

Regardez l’histoire de Catherine et Bertrand en vidéo : Owner’s story WANG’AP